Destins d’Hénins

Ce livre électronique inachevé est en vente 3,99€ chez Lulu.com : http://www.lulu.com/product/ebook/phenix/18497384
ooooOoooo

Destins d’Hénins
Le livre paraîtra sous le titre :
Une famille, deux siècles, trois mondes (l’ancien, le nouveau, le dernier).
Pour en arriver à écrire ce livre, il a fallu que je naisse dans une famille dont les 5 membres ont choisi, ou subi, un destin hors normes. Ce que j’appelle les destins d’Hénins.
Le père (13 février 1924) : Gilbert Hénin, fils de paysan lorrain, à Mussey, un petit village de cent habitants dans la zone interdite de la France occupée.
Un jeune homme de 19 ans qui rejoint le général de Gaulle en Angleterre en 1943.
Il devient parachutiste radio, et saute le 13 juin 1944 en Bretagne pour stopper les renforts allemands, puis l’opération de la Loire, des Ardennes.

Il obtient la croix de guerre, saute en Hollande, obtient la croix de guerre des Pays-Bas. A la fin de la guerre, il reste dans l’armée, au 1er RPIMA, se marie en 1948. Il effectue 2 années de guerre en Indochine (Vietnam), blessé en sautant à Dien Bien Phu.

Puis la guerre d’Algérie.

Il développe un alcoolisme qui devient violent à partir de 1958
Après la fin de sa période guerrière, il est affecté dans les casernes de la région parisienne. Légion d’honneur. Après sa retraite militaire, il travaille comme cadre dans des emplois réservés.
Il passe ses vacances dans un petit trois pièces acheté à Saint-Jean-de-Monts en 1976.
Il arrête du jour au lendemain l’alcool et le tabac à l’âge de 48 ans, en 1972, et n’a jamais rechuté de sa vie.
Mais pour sa retraite définitive, au lieu d’utiliser son appartement de Saint-Jean-de-Monts ou de voyager, de retrouver enfin sa famille de Lorraine, sur les vifs conseils de sa fille, attirée par l’Amérique, il cède à son insistance et achète une villa en Floride en 1981, pour y passer des hivers de 8 mois, sans vouloir vraiment immigrer. Il passe les étés d’abord dans des villas louées dans des banlieues parisiennes, Gagny, Blanc-Mesnil, Le Plessis-Trévise. A partir de 1986, mes parents squattent mon studio à Paris XIIème.
Lassé de la Floride, en 2001, il prépare son retour définitif en achetant un deux pièces à quelques rues de chez moi, dans le XIIème arrondissement de Paris. Il décède le 17 septembre 2005 d’une leucémie aiguë déclarée lors de son dernier séjour en Floride, sans avoir touché l’importante revalorisation de sa pension d’invalide de guerre. Tous ses anciens camarades de combat l’avaient pourtant encaissée.
Des obsèques sont organisées dans la chapelle Impériale de l’Hôpital Bégin, avec porte-drapeaux des associations d’anciens parachutistes comme l’ANAP.La mère 23 avril 1929 : Renée, fille du chef de gare de ce même petit village de Mussey. Elle a vu les trains de l’horreur « …qui passaient lentement, les mains qui s’agitaient à travers les lucarnes des wagons à bestiaux… ». De l’âge de 11 ans à 16 ans (1940-1945), elle a découvert de visu jusqu’où pouvait aller la cruauté humaine, organisée.
Elle apprend la couture et on lui reconnaît un talent certain, de même en musique, piano, français (zéro fautes aux dictées de Bernard Pivot!), mais ne travaille que très peu, à cause des incessants voyages. De plus « une femme d’officier ne doit pas travailler« , c’était la mentalité de l’époque. Elle a partagé la vie de son mari pendant 57 ans et 6 jours, voulait le suivre partout, j’ai failli naître à Saïgon. Cette photo qui a beaucoup souffert était toujours dans la poche de son mari aux combats en Indochine :

Elle ne pouvait pas deviner qu’elle vivrait une autre forme d’horreur en crescendo dans sa vieillesse à partir du décès de son mari en 2005, jusqu’à aujourd’hui encore, en 2011.
Elle est l’unique héritière de son mari, sans droits pour les enfants, cela est attesté par la chambre des notaires de Paris. C’est le régime matrimonial qu’ils avaient choisis en 1994. Ma mère hérite donc de biens immobiliers situés en Floride (625000$ en tout), mais tout est gelé sous forme d’épargne, l’appartement américains vide. Grâce aux conseils intéressés de mon frère Jérôme.
Lors d’un voyage aux Etats-Unis en 2009, elle a réussi, en baragouinant l’anglais, par chance, à vendre son appartement de downtown Orlando, dont le prix était tombé de 325 000$ à 150 000$ après la crise des sub-primes. Il lui reste deux terrains à vendre et à essayer de débloquer son compte d’épargne US, inutilisable jusqu’à présent. Elle hérite de son appartement à Paris XII et d’un petit appartement sis à Saint-Jean-de-Monts., un verger en Lorraine.
Elle vit avec la pension de réversion de son mari, et c’est tout.
Quant à la revalorisation de la pension d’invalide de guerre, elle décide de continuer le procès contre l’Etat, verse 3000€ à Me Louis Boré, docteur en droit, pour porter l’affaire en Conseil d’Etat. Louis Boré la remercie par lettre, qu’elle a conservé.
Le Conseil décide enfin en février 2010 de condamner le Ministère de la Défense à rembourser madame Hénin, mais ajoute la liste des 3 enfants dans les ayants-droits, de façon tout à fait illégale, et lui demande avec insistance, en la personne du colonel Gilles Castel et de sa secrétaire madame Chambaud, de signer un document dans lequel elle s’engage à partager cette somme avec ses enfants.
Les enfants (sauf moi!) sont invités à signer un document autorisant leur mère à toucher cette somme à condition de la partager avec ses enfants. Elle écrit à son notaire Jean-Pierre Brulon, qui lui répond que c’est mon refus de signer qui bloque tout, puis cesse tout contact avec elle, lui raccroche au nez. Je précise que ses parents étaient des amis des miens, M. Brulon père avait lui aussi connu mon père en Angleterre pendant la guerre, et la famille Brulon était par hasard mes voisins dans ma résidence !
Les parents Brulon sont décédés, mon frère et ma sœur avaient rencontré le fils au cours des visites de leurs parents.
Me Louis Boré, au lieu de réparer son erreur, accuse le notaire d’en être responsable.
La pension en elle-même est mise à sa disposition, mais le Trésor Public ne la lui verse pas (15450€). Tout simplement, ils ne répondent pas au téléphone, ni à ses lettres !
Au bout de 3 ans, donc en février 2013, il y aura prescription et l’état ne sera plus obligé de lui verser la pension. L’état semble attendre qu’elle décède, apparemment, comme pour le père.
Quant à cette curieuse erreur de la part d’un docteur en droit, Louis Boré, qui bafoue la loi matrimoniale de la communauté universelle, cela ressemble beaucoup à un détournement de fonds. Non pas pour détourner une somme peu importante pour ces deux enfants américains plus que riches, le cadet étant devenu millionnaire, mais pour l’obliger à signer un document illégal, à signer le partage d’une somme qui lui revient entièrement de plein droit.
J’ai très bien compris, avec ma mère et des personnes versées en droit, que signer ce document aberrant devait servir à la déclarer insensée et incapable de gérer ses biens et donc la mettre sous tutelle. Ignoble Jackpot. Pour cela, il fallait me faire interner et déclarer irresponsable, pour éliminer un obstacle.
Voir les harcèlements que subit une certaine Liliane Bettencourt, les millions en moins.
4 juillet 1949 : création du monde, aux yeux de Patrice, l’aîné (moi).
Mes parents étaient en garnison à Dakar en Afrique Occidentale Française (le Sénégal est né onze ans plus tard en 1960).

Puis j’ai connu très peu la Lorraine, beaucoup l’Aquitaine et ses garnisons de paras, Je faisais deux écoles différentes pendant la même année scolaire.
J’étais le nouveau qui arrivait en milieu d’année scolaire, ou le temps de me faire des copains, je devais partir. Et la réputation des paras (leurs beveries de bidases) ne m’attirait pas toujours la sympathie : « parisien, tête de chien, parigot, tête de veau !« .

Comme quoi la xénophobie peut être très nationalisable.
Puis la guerre d’Algérie (1956 – 1958), où j’allais à l’école dans les casernes, sans contact avec les deux autre populations : les français d’Algérie, des étrangers pour ma famille, et les arabes. Puis, le lycée français de Madagascar (1960 – 1963),,avec des élèves malgaches, des vrais copains, ceux-là. Les enfants de militaires avaient tendance à reproduire la hiérarchie de leurs parents.
A force de risquer sa vie presque tous les jours dans toutes ces guerres, mon père avait développé l’alcoolisme et se met à me battre à partir de 1960, à Madagascar. Les parachutistes pratiquaient le « dégagement« , la super-cuite au retour des opérations en Indochine, Algérie. Ma mère craignait particulièrement la Saint-Michel, patron des paras, jour de beuverie non-stop.
J’allais parfois au lycée les yeux au beurre noir, tuméfié.
A Madagascar, le proviseur du Lycée français conseille à ma mère de me faire du Latin « c’est digne d’un fils d’officier« . Moi, je voulais faire du « moderne », alors j’ai redoublé ma 6ème à cause du « rosa, rosae, rosum« .
En 1963, retour définitif en France, à Montfermeil (93), petite banlieue huppée à l’époque, où mes parents avaient acheté une maison.
Mon père acceptait mal de se retrouver dans des bureaux, et de ne plus pouvoir sauter à cause de ses blessures (moitié de la cuisse droite et des doigts de la main droite détruits par l’explosion d’un pain de cavalerie). Son alcoolisme devient un cauchemar.
Les coups pleuvaient, sur moi seulement, mon frère était le chouchou adulé, ma sœur ignorée, ma mère terrorisée. Notre médecin de famille l’éloigne quelques mois en maison de repos.
Je finis par me révolter à 16 ans et suis séduit par le mouvement hippie. Un camarade de classe, Gilbert Jacquin, me fait tester mon premier joint en 1968. Il voulait savoir quel effet cela faisait, sans me dire qu’il envisageait de se mettre à en vendre !
Je prends plaisir à fumer de l’herbe (cannabis) au cours des « surboums ». On considérait les buveurs de bière de ces parties du samedi soir comme des drogués ! On fumait la pipe au fond des bus en allant au lycée, les passagers nous disaient que ça sentait bon, la pipe, par rapport aux Gauloises ou P4 (paquets de 4 cigarettes à 20 centimes)…
La DDAS avait décidé de me retirer de la famille, vers 1966-67, à cause des violences physiques. Mais je ne m’en doutais même pas, le secret était total. Je me souviens seulement avoir été interrogé par une assistante sociale du lycée au sujet de ma gueule tuméfiée.
Mon père a alors (presque) cessé de me battre mais m’a fait subir des privations d’argent de poche, coupait l’eau chaude de ma douche au bout de 10 minutes, m’interdisait de verrouiller les toilettes, des tas de brimades et punitions que je préfère oublier.
Cette décision de la DDAS ne m’a été révélée qu’en 2001 par ma sœur !
Je pense aussi que c’est pour cela qu’i accordait tout les droits à mo petit frère, qui n’a jamais reçu une gifle de sa vie.
Je passe un examen fastidieux d’évaluation du QI avec Gilbert Jacquin, en 1966. L’un a eu 123 l’autre 127 / 200 (un après-midi de test). Il fallait avoir 130 pour postuler au club MENSA. Rage et déception ! Je me rappelle avec précision des résultats, mais pas lequel de nous deux a eu 123 ou 127.
Je passe en juillet 1967 mon brevet de parachutiste pré-militaire pour voir si j’étais capable de franchir une porte déjà ouverte. Mais c’était surtout pour montrer à mon père qui me traitait de « pédé » qu’un chevelu hippie était aussi « un homme », capable de sauter. Je me suis inscrit à ces 15 jours de stage en caserne parce qu’ils ne coupaient pas les cheveux.
A cette époque, il suffisait de lever le doigt fin juin lorsqu’un professeur demandait « qui ne part pas en vacances et voudrait travailler en été ?« . Malgré la privation d’argent de poche, je me suis offert mon permis de conduire en été 1967 et en travaillant pendant les vacances de Noël, ma première voiture avec sa vignette, une épave de dauphine que j’ai briqué et dérouillé sans rouler pendant un an : pas d’argent pour l’assurance avant l’été suivant.
Je participe activement à mai 1968 au lycée du Raincy, sans trop comprendre ce qui se passait, les slogans comme « non à la société de consommation, il est interdit d’interdire, CRS-SS », m’enthousiasmaient particulièrement. J’étais avide de liberté, je voulais surtout avoir le droit de fumer dans la cour de récré ! Il y avait des affiches moins connues comme « l’homme est le seul animal qui prend sur son temps de sommeil pour se reproduire !« 
Pour ses mêmes secrètes raisons Gilbert Jacquin me fait expérimenter le LSD et m’introduis dans le milieu des « fils à papa » un peu débauchés pour des nuits délirantes. Il commençait à fournir ce beau monde, j’ai mis du temps à le comprendre.
Je redouble ma 1ère, trop de soirées, moins de travail, marre de la banlieue après avoir découvert un monde artistique, intellectuel, luxueux à Paris. Un de mes anciens amis a fait un site « Années 70 » (http://paris70.free.fr/) qui décrit très bien l’âme artistique branchée et bouillonnante du Paris de notre jeunesse.
Si je n’avais pas redoublé, j’aurais eu le bacc comme tout le monde en 1968.
Quand j’ai passé le mien en 1969, pas de cadeau. Les facs étaient pleines, j’allais réviser dans la toute nouvelle fac de Vincennes construite sous la pression des événements. Il fallait 170 points, j’en ai eu 167.
Le directeur du Lycée, très reconnaissant pour mon mai 68 très actif, m’interdit de redoubler, j’avais 20 ans. Mon père était capitaine au bureau de recrutement des bidasses, il décide de résilier mon sursis militaire et de m’éloigner de mes mauvaises relations chevelues en m’affectant à Berlin, sans savoir que c’était la capitale de la drogue à l’époque, grâce aux soviétiques qui voulaient intoxiquer l’occident !
Je fais donc mon service militaire à Berlin-Ouest en 1970. s berlinoises n’avaient d’yeux que pour les américains.
Aux « 3 jours » (examen des futurs bidasses), le médecin m’avait dit « je peux déjà vous dire que vous ne serez pas para, vous avez une scoliose !« .
Je lui ai dit que j’avais déjà sauté 4 fois mais il me déclare inapte au parachutisme.
A ma libération, je vis en colocation à Nogent-sur-Marne avec Gilbert Jacquin, étudiant-dealer, et sa femme, radiologue. Quelques emplois non convaincants, mais 8 mois à la BNP, dont je démissionne sur un coup de colère.
Il y avait toujours des visiteurs dans ce 3 pièces à Nogent-sur-Marne. Gilbert n’allait à la fac que pour se faire des relations et dealer. Je me couchais tard et me levait tôt.
Il déménage ensuite à Nogent dans une grande maison, me chasse, je me retrouve dans une chambre d’hôtel rue Traversière à paris : 100FF par mois, douches au centre de tri postal de la gare de Lyon !
Pris de pitié, mes parents m’offrent une chambre dans leur villa de banlieue à Montfermeil.
J’ai été postier 5 années où j’attrape ma première grave maladie pulmonaire, la tuberculose, à cause de la poussière des locaux et sacs postaux des centres de nuit nocturnes.
Gilbert Jacquin me pousse à participer à ses ventes d’herbe de Colombie. Il menait déjà une vie luxueuse, je commence à vendre l’herbe qu’il m’avançait, mais refuse de quitter mon travail, ce qu’il trouvait aberrant, je gagnais moi aussi de plus en plus d’argent. Pour ce qui était considéré comme de l’argent « facile », j’y passait presque toutes les nuits, harcelé sans relâche par de plus en plus de clients ; Le téléphone sonnait sans arrêt, même à mon bureau !
Gilbert Jacquin avait réalisé son objectif : devenir ultra-riche avec son trafic à grande échelle : 40Kg par semaine.
Il avait démarré par un voyage en Afghanistan, en chaise roulante pour planquer 8 Kgs de haschisch (« il faut acheter là où c’est le moins cher« ). On voulait tous en fumer, pour connaître ce mythique « mazari« , mais il refuse de nous le montrer et va à New York vendre le tout (« il faut vendre là où c’est le plus cher« ).
Puis tout se termine très mal : prison pour toute la maisonnée de Nogent. 6 mois de préventive pour moi, parce que je ne voulais rien dire sur mon ancien camarade de classe Gilbert j’ai donc le seul à avoir connu « le bassin » : une pièce noire, 4 flics cogneurs qui s’envoie le ballonné de plus en plus ballonné, vous.
1976, commence la période la plus heureuse de ma vie, ma rencontre avec Christiane, avec qui j’emménage pendant 3 ans rue des Wallons, 1 an rue Oudry, une embauche chez Elf Aquitaine.
On était très amoureux l’un de l’autre, mais à la grande surprise de l’un et de l’autre, elle a le coup de foudre pour un bel italien qu’elle avait rencontré en vacances.
J’ai mis 3 ans à m’en remettre, aidé par l’alcool.
J’ai coupé les ponts avec ce Gilbert en 1985 parce qu’il était devenu héroïnomane et inhumain. Je le croyais mort, mais j’ai appris en 2008, en retrouvant un ancien ami commun par Internet, qu’il est toujours à ce jour un trafiquant menant grande vie quelque part dans les Yvelines.
Qu’il a toujours pratiqué la méthode du cobaye pour ses drogues, et tué des femmes qui vivaient avec lui, complètement accrochées, pas vraiment à lui.
L’Etat lui aurait pourtant saisi un milliard de francs (!), il sort de prison pour redémarrer avec 80 millions qu’il avait planqués. J’ai compris que de telles machines à faire du fric étaient quelque peu rackettées par la police, pas éliminées.
Aujjourd’hui, c’est devenu une industrie.
Je passe 13 ans chez Elf Aquitaine, Atochem, à la Défense. Parti du service courrier, je gravis les échelons, je découvre avec passion les premiers micro-ordinateurs, deviens cadre après un examen de niveau BAC +2. J’ai été classé 2ème grâce à mon mémoire sur « la micro-informatique, premiers pas« , un véritable ouvrage pour démystifier ces machines que redoutaient les secrétaires et même des cadres. Je dessine le premier service de micro-informatique.
Mais je n’ai pu le mettre en place, frappé par la première vague de licenciement économique due à la restructuration de la chimie. Je tombe dans le chômage entre-coupé de stages bidons et de missions d’intérim de 1990 à 1995.
Fin des 30 glorieuses pour moi. Je n’avais pas connu une seule journée de chômage du service militaire de 1970 à 1990.
Ne pouvant plus acheter mon cannabis du soir et du week-end, l’impossibilité de retrouver un travail aussi passionnant que chez Atochem (parfois ils m’envoyaient en avion 1ère classe pour présenter mes applications informatiques), je me mets à dealer entre amis et fume avec excès.
Ma famille installée en Floride m’obtient la « carte verte » pour les Etats-Unis et malgré mon peu d’engouement pour ce pays, je décide de quitter cette vie de chômeur-intérimaire-stagiaire-dealer et m’envole pour une nouvelle vie le 24 août 1995.
Je commence à travailler dès le 11 septembre 1995, en parlant l’anglais comme une vache espagnole, ayant complètement oublié du jour au lendemain ma « fumette » du soir, le cannabis n’étant absolument pas addictif physiologiquement. Mais dès ma première heure aux Etats-Unis, mon premier achat impératif a été un paquet de cigarettes. Le tabac est vraiment la drogue la plus addictive de toutes !
J’avais l’impression d’être sur une autre planète.
Je découvre la vie d’immigré payé 6,50$ de l’heure, les travaux manuels, les innombrables cabinets d’avocats, toutes les versions d’hamburgers, je finis dans la restauration française où j’occupe tous les emplois sauf celui de chef cuisinier.
J’ai connu deux petites amies, Kay puis son amie Ginger (humm!).
Ma sœur en 1984 puis mon frère en 1993 avaient déjà émigré en Floride et la petite communauté de français émigrés m’apprennent que mon frère, dont je connaissais déjà les activités d’escroc immobilier impitoyable, très détesté, était surtout un trafiquant d’armes international, avec le pouvoir de corrompre les juges. Encore aujourd’hui en 2011. J’ai des noms, des numéros de téléphone, les indices se sont accumulés.
Je rentre en France en 1998 et retrouve mon studio du XIIème et le chômage. Mais aucune de mes anciennes relations. Je n’avais pas gardé de carnet d’adresses. Je fais des traductions par Internet pour des agences américaines.
Après une période dépressive et alcoolisée, à cause du chômage, de la solitude complète, ma bronchite chronique découverte aux Etats-Unis commence à me poser des problèmes et je suis finalement déclaré inapte au travail en 2001. J’en étais au tout début de l’emphysème.
Aujourd’hui, je peux encore me déplacer et vivre à peu près normalement, mais ne peut plus gravir les escaliers, faire le ménage, je m’affaiblis années après années. Je respirais avec la moitié de mes capacités pulmonaires en 2008, un tiers depuis 2011.
En 2006, je m’intéresse à la politique, Sarkozy me faisait peur, Ségolène Royal me plaisait, j’adhère à la section socialiste du XIIème et découvre la vie de militant, les distributions de tracts, les réunions où il faut toujours applaudir à la fin.
Puis des événements incroyables commencent à me frapper, littéralement,
J’avais commencé à faire un blog en 2006, je suis finalement amené à en faire un livre, vous comprendrez plus bas pourquoi : cette succession d’histoires incroyables qui me tombent dessus, qui m’obligent à lutter de toutes mes forces restantes contre la corruption, la cruauté, la bêtise humaine.Je ne mourrai pas idiot, ça c’est sûr.
Le cadet Jérôme : 12 décembre 1958 : mon frère naît à Mont-de-Marsan, au retour d’Algérie.
Mes parents me disaient avant sa naissance « tu vas avoir une sœur, Béatrice, fini les caprices de fils unique ! Ça va te faire du bien !« 
Dès sa naissance, le pauvre petit était inattendu, pire, il a dû se coltiner la layette rose d’une « Béatrice » .
Parmi les malheurs qui l’ont atteint très tôt, son père s’est mis à éduquer son deuxième fils comme s’il était un super gosse, pour pouvoir dire à ses voisins, collègues : « vous voyez, le premier n’est qu’un drogué, c’est pour cela que je le punis, l’autre est parfait, donc il a tout les droits« .
La DDAS avait renoncé à me retirer de la famille parce que ma mère avait fait un discours très émouvant (un secret révélé par ma sœur en 2001) : « cela ne se reproduira jamais plus… »
C’est peut-être l’explication de la genèse d’un monstre.
Lorsque parfois je recevais des coups, le petit de 7-8 ans pouvait me donner des coups de pieds en passant…
Encore une calamité pour lui, l’absence totale de règles, d’interdits, de respect envers les autres. Il jouait toujours avec sa sœur née un an ½ après lui, privé de mon affection : je faisais mon service militaire quand il avait 11 ans.
Il a connu une scolarité stable, privé de voyages coloniaux. 9 ans après son passage dans le même collège de Montfermeil, puis au Lycée du Raincy, les professeurs lui disaient « mais vous êtes le frère de Patrice ? Ça alors, vous ne lui ressemblez pas !« . Lorsque je lui demandais pourquoi ils se rappelaient de moi, il me répondait « ils se rappellent de toi, c’est tout« .
Il a manifesté très tôt son envie de devenir riche. Une sorte de Gilbert Jacquin, remplacez la drogue par l’immobilier.
Frappé par ce cruel destin, il cherchait à compenser son manque de succès en société en cherchant toujours à frimer. On ne l’a jamais vu fréquenter une fille, mais il affirmait que c’était parce qu’il éblouissait celles de ses copains et ne pouvait donc pas nous les présenter. Il nous parlait d’une certaine Mireille et empruntait la belle Rover de notre père pour sortir avec « sa » Mireille et son copain. Jusqu’au jour où il a raté un virage, assoupi après une longue soirée, il détruit la voiture, s’en sort indemne avec son ami, mais la fameuse Mireille, qui n’avait pas attaché sa ceinture à l’arrière, s’est retrouvée un temps à l’hôpital.
Mon père s’est réjoui que Jérôme soit vivant, ce qui l’a immensément consolé de la perte de sa voiture neuve.
Après son bac, il fréquente une école d’immobilier, y rencontre d’ailleurs Christophe Dechavanne « sa marotte, à ce Dechavanne, c’est de piquer des rétroviseurs de voiture« , m’a-t-il dit en hochant la tête. Il m’expliquait qu’il fallait commencer par l’immobilier « à moitié légal, la drogue c’est rapide mais trop illégal, tout le monde te tombe dessus dès que tu as un magot. Le top, c’est le trafic d’armes : les gouvernements sont tes clients, avec tous leurs accessoires : polices, tribunaux, banquiers, conseillers fiscaux… » (http://patricehenin.blogspot.com/2008/02/0002-1981-blanc-mesnil.html)
Il a réalisé à sa manière son rêve d’adolescent. Lorsque sa sœur s’est installée en Floride (1984) pour y recommencer des études de droit US, émulé, jaloux, il plaque son cabinet immobilier, me demande de pointer à sa place au chômage pendant un an et part lui aussi s’installer chez nos parents en 1985 en Floride.
Plutôt que d’étudier, il choisit la voie la plus rapide pour devenir américain : on lui présente Terry, une porto-ricaine lors d’un « blind-date », il l’épouse 3 semaines après.
Le « blind-date » est une pratique courante aux Etats-Unis. Lorsque vous connaissez deux personnes qui cherchent à se marier, vous les invitez, comme ça, par hasard, à un dîner chez vous ou à une « party ». Et vous laissez le destin faire, vous faites des paris et parfois des heureux qui auront beaucoup d’américains.
Scandale dans la famille !
Il visitait les francophones du coin, les agents immobiliers américains pour se constituer un réseau de relations, comme en France. Mais son anglais était trop lourd, et mon père, lassé de le voir tournoyer en rond un peu partout, lui demande de retourner travailler en France.
– Mais papa, je suis encore étudiant, j’habite chez toi…
– tu vas chez Patrice, il t’hébergera, tu vas à Paris chercher du travail, tu arrêtes de tondre ma pelouse. J’ai déjà été obligé de rester une année entière dans ce trou…
A Paris XIIème, je vivais depuis deux ans avec une fille intéressante, intelligente, mignonne mais par trop bizarre, une fille à maman, Sylvie. Au bout du 3ème mois, je lui avais dis que finalement, vivre ensemble, c’était une erreur. Mais elle était amoureuse de moi et je n’avais pas le cœur de la chasser. Je l’aimais bien quand même.
Mon frère a fait le travail. Elle le connaissait de réputation, en avait peur, quant elle a su qu’il arrivait, elle a enfin fait sa valise. Le plus drôle, c’est qu’ils se sont croisés chacun avec leur valise, lui sortant de l’ascenseur qu’elle attendait « t’es encore là, toi ?« 
J’ai hébergé mon frère pendant quelques mois en 1986. sa recherche de travail était époustouflante, hyper dynamique, exigeant sur le poste. Il écrivait tous les jours à sa femme. Pourtant, je savais qu’il n’était pas amoureux. Il me l’a finalement avoué un soir, en souriant : « c’est vrai, je ne l’ai jamais aimé, Terry !« .
Il y a au moins une qualité qu’il me reconnaissait, c’est que l’on peut difficilement me cacher la vérité. On ne l’avais jamais vu avec une femme auparavant, mais il n’est pas homosexuel. Simplement incapable d’affectivité, encore un sale coup du destin, dû à son éducation de demi-dieu.
Il doit être difficile d’aimer quand on vous a persuadé depuis toujours que vous êtes infiniment supérieur à quiconque. A ce niveau d’affectivité, on baise, pour lui, on encule. Pas moyen de faire autrement, sans affection ou au moins de l’intérêt pour l’autre. Il ne connaît que son interêt.
Puis, fou de joie, il est embauché chez Bouygues Immobilier, fait venir sa « dulcinée », prends un logement à Joinville-le-Pont », un séjour à Genève, pour les impôts, puis à Meudon. Il y avait un petit observatoire sur le toit, qui me passionnait, lui, pas du tout..
Il m’a raconté son embauche :
et tout fier, fait venir sa femme américaine, Terry.
S’ensuit une carrière plutôt prodigieuse (http://patricehenin.blogspot.com/2008/03/0004-une-carrire-mystrieuse-mais.html), il se vantait auprès nous, sa famille, de faire gagner beaucoup d’argent à Bouygues Immobilier, mais on ne comprenais jamais comment. On le prenait plutôt pour ce qu’il avait toujours été : un frimeur.
Il a fait un mystérieux voyage au Yemen, a circulé en hélicoptère des deux côtés de la Manche lors des négociations pour l’euro-tunnel, me racontait qu’il était craint de tous ses supérieurs parce qu’il les remplaçait tour à tour.
Puis, les choses ont commencé à changer, il frimait un peu moins, et Bouygues lui demande d’aller se faire oublier en Floride : licenciement économique, tout petit parachute doré.
Je pense qu’ils le trouvaient un peu trop bavard dans cette école de corruption haut de gamme qu’est Bouygues Immobilier.
Quant à Terry, elle lui fait un enfant, Christopher, né à l’hôpital Bégin en 1992 : « c’est pour sauver mon mariage« , m’a-t-elle dit à la maternité. Une fois encore, on ne me cache pas la vérité.
J’ai tout de suite pensé que cet enfant ne serais pas heureux. Pendant la grossesse inattendue après 7 ans de mariage, Jérôme m’avait répondu en riant « disons que ce bébé n’est pas déprogrammé !« 
Il s’installe à Deltona, Floride, dans la petite ville où mes parents passaient leurs hivers de 8 mois, recommence à voir sa sœur tous les jours. Entre-temps, elle avait terminé ses études d’attorney, mariée à un riche urgentiste texan, Mark C. Clark, qui fait encore maintenant des nuits en salle d’urgence.
Mark l’a très vite pris en grippe, plutôt collant et a piqué une crise de colère, excédé de toutes ces conversations en français dont il était exclu. Mais il s’est résigné à celui qu’il appelait « the devil« .
Depuis toujours, Jérôme prends la tête de sa sœur, la seule personne qu’il semble aimer. Je les ai toujours considéré comme une sorte de couple platonique, avec un dominateur, peu commun.
Il achète plusieurs maisons, crée deux sociétés d’investissements immobiliers et commence à attirer des investisseurs français attirés par la Floride. Pour les escroquer. Dès son arrivée, on lui fait des procès. Ça continue encore aujourd’hui (http://patricehenin.blogspot.com/2008/12/2008-je-nadmettrai-jamais-que-lon.html)
Au printemps 1995, il me téléphone pour que je l’héberge dans mon studio quelques jours. Il était convoqué par l’ANPE cadre ! Je n’en revenait pas. Non seulement il s’était toujours vanté de n’avoir jamais payé d’impôts en France, mais en plus, il a touché 3 ans de chômage en Floride ! Je ne sais comment il a pu faire ça, mais s’il prenait l’avion pour une convocation, cela devait valoir le coup de maintenir un chômage de directeur général de chez Bouygues Immobilier !
Sa vie familiale avait changé en Floride. Visiblement, il n’aimait pas son gosse, qui menait une drôle de vie, avec interdiction d’aller voir ses grand-parents français. Terry sentait qu’un divorce était dans l’air, et pensais que c’était à cause de mes parents, qui n’avaient jamais vraiment apprécié ce mariage éclair. Faux, mes parents avaient fini par l’adopter, depuis le temps, et aimaient beaucoup le petit Christopher. Ils ont souffert de ne plus avoir le droit de le voir. Incompréhension totale des deux côtés.
Lorsque je suis arrivé en Floride (1995), j’ai fait de sévères remontrances à Jérôme et discuté avec Terry, qui m’aimait bien : j’étais le seul membre de la famille à ignorer totalement le fait qu’elle soit porto-ricaine, et à avoir essayé de la faire accepter du reste de la famille, tellement j’étais content de voir enfin Jerome avec une femme.
Idiot que j’étais.
Cela a marché un temps. Mes aprents ont eu le droit d’aller chez Terry et Jerome voir leur petit-fils.
Mais Jérôme n’avait plus besoin de Terry pour ses papiers et aux Etats-Unis, il était maintenant marié à une porto-ricaine, ce qui était socialement moins brillant que d’être marié à une américaine en France.
Les américains sont comme ça, les français aussi. Les uns ont leurs porto-ricains, les autres leurs arabes. Les deux leurs noirs.
Il avait son passeport américain, le divorce était inéluctable est a eu lieu en 1996, après d’âpres combats judiciaires. Terry s’est défendue comme une diablesse, Christopher en a beaucoup souffert, traumatisé par des changements de serrures, une arrestation de Jérôme qui passe un week-end en prison pour avoir frappé Terry.
J’ai appris qu’il avait raconté qu’il était né à Dakar et qu’il se prétendait l’aîné de la famille, avant mon arrivée en Floride ! Un jour mon neveu m’a demandé si c’était vrai, je lui ai répondu que j’avais son âge quand Jérôme est né.
Aujourd’hui, il vit toujours en Floride, il a coupé les ponts, il est l’instigateur des persécutions à distance que je subis depuis 2006, ce qui a motivé la rédaction de ce livre. Cette aventure incroyable que je vis depuis le décès de mon père. Plus tôt même,depuis que l’on lui a découvert une leucémie aiguë, en 2004, lors de son dernier séjour en Floride
Ce que j’ai mis des années à comprendre, c’est qu’il avait décidé et préparé depuis longtemps de s’approprier les biens dont notre mère a hérité.
Il utilise actuellement ses puissantes relations glanées chez Bouygues, le copain de Sarkozy, son ami jean-Pierre Brulon que ma mère avait pris comme notaire, en tant que fils de ses amis.
Il a organisé un plan pour me faire interner, je résiste comme un beau diable. Ma mère a mis encore plus de temps à comprendre les objectifs de ses enfants américains, se désole d’être privée de ses petits-enfants. Elle résiste, après avoir passé deux derniers « Christmas » chez sa fille, elle s’occupe de ses nouvelles amies à Paris, a fait un pèlerinage sur les lieux où son mari a combattu au Vietnam..
J’ai quand même appris qu’il s’était remarié avec une de ses employés portée sur le luxe, Elisabeth, après avoir été un temps avec une mystérieuse russe.
Ces ré-US-sites :

http://www.henininternationalservices.com/FR/International/legal.htm 
http://heninrealty.com/

La photo suivante, appuyé sur une Ashton Martin, Porsche au loin, Navigator derrière, devant sa maison, a été retirée de son site et Google m’empêche de la publier :
La benjamine, Catherine 28 août 1960
Ma petite sœur naît en 1960, à Tananarive. On ne l’a pas appelée Béatrice !
Née en pleine période de violences alcooliques, ma mère montait la garde devant la porte de sa chambre. Catherine s’est isolée de la folie ambiante dans les bouquins, les études. Dès le début de sa scolarité, et jusqu’à la fac de droit, elle a été, tous les mois, tous les ans, la première de sa classe. Mais pas la fierté de mon père, qui lui disait « tu ne seras jamais avocate, tu ferais mieux de faire de la couture, comme ta mère« . C’était le rôle d’une fille, à cette époque.
Elle a ignoré les garçons pendant toute son adolescence. J’ai un peu l’impression qu’elle ne comprenais pas pourquoi j’étais le paria de mon père. Jérôme n’avait pas l’air d’apprécier la gentillesse puis l’affection qu’elle m’a toujours témoigné, mais qui a brutalement cessé au décès de mon père. Âgé d’un an ½ de plus, il lui a pris la tête dès le début, ce qui explique aussi le besoin d’isolement de Catherine.
Elle aussi a retrouvé les mêmes professeurs que moi, au collège et lycée :
– ils se rappellent de toi, depuis 11 ans !
– Pourquoi ?
– Tu étais drôle, intelligent, plein d’humour, parfois bizarre…
Lorsque mes parents ont cherché une maison au soleil pour leur retraite, ils ont vendu celle de Montfermeil et ont loué provisoirement successivement 3 villas à Gagny (93), Blanc-Mesnil (93) puis au Plessis-Trévise (93). Les deux enfants suivaient, Catherine allait à la fac de droit d’Assas, Jérôme dans une école d’immobilier, pas très assidu.
C’est elle qui les a persuadé d’acheter cette maison en Floride. Elle passe brillamment sa licence de droit, devenue avocate à 24 ans, la plus jeune de sa promotion.
Elle prête serment d’avocate à Paris en 1984, mais annonce de suite qu’elle veut vivre en Floride, y devenir américaine à 100% et au lieu de professer en France, elle part s’installer à Deltona pour y recommencer des études de droit US.
Mes parents hypothèquent leur maison pour lui payer ses études, mais elle se débrouille très rapidement pour devenir autonome, les rembourser et même s’acheter une Ford Mustang décapotable.
Elle se distingue encore brillamment, s’attire la sympathie de ses professeurs qui se débrouillent pour qu’elle touche des frais professionnels.
Elle commence à fréquenter uniquement des hommes de mon âge, dont un pilote de F16, mais qui refusait toute idée de mariage.
Elle commence sa carrière d’avocate dans des cabinets, se spécialise dans l’immigration-naturalisation.
Elle a un accident de voiture, l’urgentiste tombe fou amoureux d’elle, plaque sa promise. Après des hésitations « tu te rends compte, il gagne 5 fois que moi, je ne peux pas accepter !« , elle se marie en grande pompe en 1992. Elle m’offre le voyage, Jérôme ne voit pas l’intérêt de venir.
Ma nièce Sophie naît en 1994, son fils Mark II (oui, les riches américains fondent des dynasties!) en 1996.
Elle m’écrivait souvent, se précipitait chez moi lors de ses très rares voyages à Paris. Tout le monde à 15 jours de congé par an aux États-Unis. Elle m’a inondée de cadeaux, surtout des vêtements choisis avec goût.
Elle conseille aux parents de postuler à la fameuse loterie pour la carte verte, elle se débrouille avec ses relations pour qu’ils l’obtiennent. Cette loterie n’a de loterie que le nom. Par regroupement familial, je l’obtiens aussi en 1995.
Elle me voit lors d’un dernier voyage à paris en 2004, pendant la maladie de notre père.
Elle voulait un bébé malgré ses 44 ans, prends la pénible décision d’avorter, elle s’épanche de ce drame dans tout un dossier d’échanges courriels avec moi.
En 2005, à ma grande stupeur, elle coupe les ponts avec moi. L’opération captation d’héritage lancée par mon frère en est la cause, je ne l’ai compris que deux ans plus tard.
C’est cela qui fait d’elle une femme exceptionnelle. Pas le fait qu’elle ait été toujours première en classe, partout. Pas le fait qu’après avoir réussi brillament ses études de droit à paris, puis décidé de se lancer dans l’aventure américaine, en réussissant encore au-dessus de tous, et d’être devenue ce qu’elle voulait être : américaine à 100%, pas une immigrée française qui fréquente la communauté d’immigrés français de Floride ;
Pas le fait qu’elle ait réussi son mariage avec une personne intelligente, gentil, plein d’esprit et d’humour.
C’est le fait que le 24 septembre 2005, aux obsèques de notre père, elle commençait à me parler comme si j’étais débile.
Complètement sous la coupe de Jerome, depuis sa naissance, toujours.
Lorsque son mari, excédé d’avoir un tel voisin, décide de s’endetter pour aller habiter à Winter Park, quelques 3 mois après, Jerome achète une maison plus grande… juste à côté !
D’accord, elle a toujours eu le goût du luxe, des parfums, des bijoux, une robe par jour, une chambre transformée en magasin de chaussures.Elle n’a jamais réussie à se libérer de l’emprise de Jerome, toujours là depuis sa naissance. Et qui l’a ficelée en la compromettant dans ses affaires de corruption. Ce n’est pas normal qu’elle ne perde jamais un seul procès depuis 1994.
Elle sortait avec des hommes de mon âge, je pense que je l’intriguais, qu’elle comprenais parfaitement pourquoi mes profs se rappelaient de moi 11 ans après.

Jerome l’a deviné, a tout fait pour qu’elle s’éloigne de moi.
Lui faire miroiter une retraite dans le Lubéron, en revendant les appartements de notre mère pour y acheter une maison, cela l’a fait basculer dans la captation d’héritage.
Elle m’avait dit une fois, d’un ton résigné, morne « je passerais une morne retraite en Floride », sans le dire mais en y pensant, « sans travailler, sans les enfants… »
Et quand on passe toute sa vie avec un Jerome Henin, qui vous explique que je ne suis qu’un pauvre type, en ajoutant l’appât du gain, tout ce qui faisait ma petite sœurette a fini par s’évanouir.
L’argent n’apporte pas le malheur, il y contribue, jusqu’à votre destruction.

A propos patrice2012henin

Running for French presidency on 2012. There is in each of us, something, that others do not have. Retired from petrochemical executive.
Cet article a été publié dans Destins d'Hénins. Ajoutez ce permalien à vos favoris.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s