1957 Tebessa

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C’est avec retard que je fais mon petit compte-rendu du film « La bataille d’Alger », projeté en plein air sur la pelouse de Reuilly, (emplacement de la Foire du Trône, Paris 12ème).

L’empire français ?
AVANT :
Le chant des africains 1944 (que les anciens de la 1ère armée française, Rhin et Danube, et des troupes de marine, aiment et aimaient entonner à la fin de leur réunion)

Refrain
C’est nous les africains qui arrivons de loin
Nous venons des colonies
Pour défendre LE PAYS
Nous avons laissé là-bas nos parents, nos amis
Et nous avons au cœur
Une invincible ardeur

Car nous voulons porter haut et fier
Le beau drapeau de NOTRE FRANCE ENTIERE
Et si quelqu’un venait a y toucher
Nous serions là pour mourir à ses pieds
Battez tambours (bis)
A nos amours (bis)
Pour LE PAYS
Pour LA PATRIE
Mourir au loin
C’est nous les africains.

Premier couplet
Nous étions au fond de l’Afrique
Gardiens jaloux de NOS COULEURS (ironie)
Quant sous un soleil magnifique
Retentissait ce chant vainqueur
En criant, en chantant, en avant
Serrons les rangs.
(Note de Patrice :
Versez votre sang
Hommes de couleur
Pour nos couleurs
Au feu, au premier rang
)

Deuxième couplet :
Pour le salut de NOTRE EMPIRE
Nous combattons tous les vautours
La faim, la mort, nous font sourire (NoteDePatrice : aujourd’hui aussi?)
Quant nous luttons pour nos amours
En criant, en chantant, en avant
Serrons les rangs

Troisième couplet
DE TOUS LES HORIZONS DE FRANCE
Groupés sur le sol africain
Nous venons pour la délivrance
Qui par nous se fera demain
En criant, en chantant, en avant
Serrons les rangs

Quatrième couplet (celui-là, j’ai la gorge serrée)
Et lorsque finira la guerre
Nous reviendrons à nos gourbis
Le cœur joyeux et l’âme fière
D’avoir libéré LE PAYS
En criant, en chantant, en avant
Serrons les rangs.

Vous connaissez les paroles, voici le chant :

http://www.youtube.com/watch?v=vTnKJuXVRsc&feature=player_embedded

PENDANT :
Le film sur la vraie libération de LEUR PAYS !
Quelques éléments extraits du site Allo-Ciné http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=7259.html
Pour ceux qui ne veulent pas quitter la lecture de ma superbe note, quelques extraits copiés-collés de cette page Allo-Ciné :


DEBUT EXTRAITS
Synopsis : en 1957, l’affrontement sanglant entre les paras du colonel « Matthieu » (Massu) et les troupes (on dirait aujourd’hui Terroristes) du Front de Libération National dans la Casbah d’Alger.
Date de sortie : inconnue
Réalisé par Gillo Pontecorvo
Avec Jean Martin, Yacef Saadi, Brahim Haggiag
Film algérien, italien.
Genre : Historique
Durée : 1h 30min.
Année de production : 1966
Titre original : La Battaglio di Algeri

Un souci d’authenticité :
Histoire et fiction sont intimement liées dans le film. Ce dernier voit en effet le jour grâce au concours des autorités algériennes, qui en subventionnent, supervisent et contrôlent l’exécution. Elles sont représentées en la personne de Saadi Yacef, directeur de Casbah Films, et surtout, ancien chef politique du F.L.N pour la zone d’Alger. Il joue son propre rôle dans le film, à travers un scénario inspiré de ses propres souvenirs.
Malgré un Lion d’Or à Venise, un prix de la Critique à Cannes et trois nominations aux Oscars, La bataille d’Alger, interdit de diffusion en salles, doit attendre 1971 pour obtenir son visa d’exploitation en France. Mais à la suite de pressions et de menaces, il est très vite retiré des écrans.

Une projection du film eut lieu le 27 août 2003 au Pentagone, à laquelle ont assisté des officiers d’Etat-major et des civils. Dans son édition du 7 septembre, le quotidien américain The New York Times faisait état de propos tenus par un responsable du ministère, déclarant que « ce film donne une vision historique de la conduite des opérations françaises en Algérie » et que « sa projection était destinée à provoquer une discussion informée sur les défis auxquels les Français ont dû faire face ». En d’autres termes, le haut commandement américain tentait d’étudier les erreurs de l’occupation française en Algérie afin de trouver une issue aux drames suscités par la présence des troupes américaines en Irak.

Le 9 janvier 2004, le film ressort sur les écrans aux Etats-Unis. Après une projection spéciale deux jours plus tôt à Bethesda (Washington, DC), en présence de Saadi Youcef, La Bataille d’Alger est montrée à New York, Los Angeles, Pasadena, Chicago, Washington, et plus d’une douzaine de villes des Etats-Unis. Suivi d’un remarquable accueil critique et public, le film rapporte plus de 500 000 dollars de recettes.
FIN EXTRAITS


Je suis arrivé à la pelouse de Reuilly un peu tard, je n’ai pas assisté au premier débat de la ligue des Droits de l’Homme, mais j’ai entendu un intervenant qui rappelait que le colonel Mathieu avait expérimenté sur lui-même la « gégéne » : « C’est très douloureux, mais supportable, je regrette vraiment d’avoir recourru à cette méthode qui me paraissait indispensable à l’époque. »

J’ai reconnu Gilles Manceron, président de la ligue des droits de l’homme en France.
Temps superbe, une quarantaine de personnes seulement, plus un moustique, qui n’a pas voulu admettre que c’était ma place.

Alors voici l’histoire de « La Bataille d’Alger ».
Avec mon ressenti : tenez compte du fait que j’avais 7-8 ans en 1956-57, lorsque mon père parachutiste a été affecté en Algérie. Je ne peux m’empêcher d’entremêler mes propres sentiments en comparant ce dont je me rappelle vaguement, et la révélation que m’a apportée ce film.

Mon père n’a pas participé à la bataille d’Alger, mais se battait dans les djebels. Au début, j’étais heureux d’être en Algérie : c’était calme, les gens étaient gentils, les arabes, les pieds-noirs un peu moins, aucun n’étaient français, aux yeux de mes parents et de leurs amis militaires ou fonctionnaires.

Dans le film, tous l’étaient, aux yeux de l’administration, et ce film explique que là aussi, la ville était coupée en deux :
tous les droits pour les uns, dans la magnifique Alger l’européenne,
aucun droit pour les autres, dans la mystérieuse et louche Casbah, un entrelacs de ruelles si étroites qu’elles sont en fait des couloirs plein d’escaliers, qui tournent et montent cette colline de la vieille Alger, la vraie.
Et qui se terminent souvent en cul de sac, pour les occidentaux. Mais en fait chaque porte en bois est une sortie privée.

Il y a donc deux Algers, l’européenne et la Casbah, l’historique.

Pour moi, tout était beau, en Algérie. Je me sentais plus chez nous que dans les Landes, où on me traitait de « parisien, tête de chien, parigot, tête de veau ». Ou bien « sale fils de para ».
On vivait bien sûr dans les villes européennes, pleines d’avenues droites aux superbes arcades.
Flash-souvenir : le film King-Kong…
Philippeville, Siddhi-Ferruch, Beaune, mon premier « snack-bar » (snack, c’est un mot arabe, papa ?), dans toutes les villes, toujours des avenues à arcades, le soleil.

J’étais enfin fier d’être fils de para, et nous sommes partis pour Thébessa, ville frontière avec la Tunisie.
Au cours du voyage, tous les GMC s’arrêtent, on nous fais descendre dans le ravin, les bidasses rampent vers le sommet de la colline. Fausse alerte, pas d’embuscade. J’étais très excité, et déçu par cette fin en queue de poisson. Je voulais être militaire, comme mon papa.

Les « fellagas » faisaient des incursions puis se réfugiaient en Tunisie, mon père se levait à 4 heure, partait en opération, le soir allait au mess arroser le fait de rentrer tous en vie, et rentrait. Il rentrait tous les soirs, jamais je n’ai eu peur.

Mais un soir, un soldat complètement bourré vient chez nous, très, trop gai.
– Ça été dur, aujourd’hui ! Mais m’ont pas eu ! Qu’le chapeau de brousssss ! Voyez l’trou !
C’est NOUS qu’on les a eus !
– Où est mon mari !!!!
– sais pas, il arriive- ve ! Hic !
– pourquoi il n’est pas là!!

Moi j’avais deviné, je me marrais. Il ne voulait pas dire à maman que papa se torchait au mess. Ça avait trop dur ce jour-là. Jamais il ne me serais venu à l’idée que mon papa puisse ne pas revenir. Puisqu’il rentrait tous les soirs.

Dans mes souvenirs, l’école grillagée (en cas de grenades) au beau milieu de la caserne, mon terrain de jeu favori. Sur mon agenda d’écolier, à la rentrée, un dessin d’une fillette courbée sous le vent faisant tournoyer des feuilles mortes, à la page septembre. Nostalgie du pays. Marre de ce soleil sans saisons.

L’odeur des tentes, des bâches des 4X4, GMC, d’essence. L’odeur des noirs. Quand je leur disais « vous sentez toujours la sueur », ils me répondaient en riant gentiment : « et toi, petit, tu sens le cadavre, comme tous les blancs ! » Pas de harkis dans cette caserne ? Pas fous, les paras !

Si, il y avait un harki : notre logeur. Dessinez un carré, avec un couloir au milieu. Vous avez les murs. A gauche, les arabes, la cuisine et son frigo à pétrole, et une pièce.
A droite, deux pièces : vous avez les tentures épaisses, pas de cloisons. Le harki tellement alcoolique que sa seule fonction était de garder le monument aux morts.

Sa fille, avec qui je jouais, mais uniquement en face de la maison, ou mieux, dans la cour de leur, notre casbah. Mais dehors, dès qu’elle passait le coin de la rue, elle m’ignorait. Jamais compris pourquoi, jusqu’à ce film. Il y avait une école coranique à côté.

La femme arabe, tellement gentille qu’elle me faisait des beignets dans la cour (la première fois, ma mère s’est précipitée, et l’arabe s’est mise à manger mon beignet). Je ne l’ai pas trouvée très polie, la maman arabe, elle venait juste de me le tendre !

Et un jour, le drame : la femme se réfugie à droite, en larmes.
C’était interdit, pas les larmes, mais de venir à droite, « chez nous ».
Je l’entends expliquer à ma mère que son mari est devenu fou. Il se serait installé dans une chaise-longue à l’entrée, son fusil d’assaut entre les jambes, bien décidé à tuer toutes les femmes, sa femme, sa fille, ma mère, même, si elles sortaient. La fille était où ? M’en rappelle plus. La femme explique qu’il n’y a qu’une solution, seul le petit, un garçon, peut sortir, aller à la caserne chercher du secours. Ma mère hésite longuement, l’autre mère insiste en pleurant de plus belle.

J’obéis à ma mère, je sors dans le couloir, passe à côté du harki, merde, il se lève brusquement, va dans la cuisine, pousse la tenture de colliers de perles anti-mouches en se servant de son fusil comme d’une canne, ouvre le frigo à pétrole.

Il me montre son verre, et me dit « tu vois, garçon, je bois de l’eau ! ». Je lui fais un signe de la main en souriant, parce qu’il titube comme un clown, une sorte de « au revoir », et plus je m’éloigne de la casbah, plus je cours vite. A la caserne, un sergent ne m’a pas cru, et me ramène à la maison.
Le fou avait tiré. La balle de son puissant fusil avait ricoché contre le sol, le mur, pour lui revenir dans le ventre. Je n’ai rien vu, on ne m’a pas laissé entrer. J’ai appris plus tard qu’il était attaché sur son lit d’hôpital.

La bataille d’Alger, je l’ai compris en voyant le film, avait été gagnée par le colonel Matthieu, pendant ce temps. C’est pour cela que les fellagas étaient en Tunisie. Et nous à Thébessa.

La Casbah ? J’en ai vaguement entendu parler, quant mon père a été affecté à Alger, après la bataille. Fallait pas y aller, « ils kidnappent les fils de militaire, ils donnent des bonbons avec des lames de rasoir dedans ». La rébellion avait été matée. Je n’ai rien su.

Flash-souvenir : le mendiant alcoolique en bas de chez nous. Il buvait de l’alcool à bruler !

Ma mère a voulu visiter, et moi aussi. Mais l’atmosphère était tellement lourde, que nous sommes rentrés chez nous.

Dans le film, après avoir montré la division des 2 mondes (pour moi des 3 mondes, arabes, pieds-noirs, nos familles de militaires), ils expliquent la reprise en main des mœurs décadentes de la casbah par le FLN : plus d’alcool, de prostitution, ni même de cigarettes.

Puis commence très vite l’histoire d’Ali La Pointe. Un illettré, boxeur, vivant de petits boulots, un parmi les innombrables algériens qui ne supportait plus les humiliations quotidiennes, d’être payé avec un lance-pierre, au propre !

Un jour, c’en est trop, un pied-noir lui fait un croc en jambe alors qu’il courait. Boxeur, il l’étale d’un coup de poing, crime de lèse-pied-noir. Surpris du manque de réaction de la bande des jeunes fêtards, il prend conscience d’une force inutilisée : le nombre.

Ali La Pointe décide de rejoindre le FLN. Une femme toute voilée de blanc, lui donne sa première mission, d’un chef invisible qu’il n’a pas le doit de rencontrer. Sa mission ? Abattre un policier dans le dos, à la sortie du café, où il a l’habitude de prendre un verre, le patron étant un indic.
La femme lui fournira l’arme juste avant de tirer, dans la foule de la ruelle.
Ali trouve cela bizarre de ne pas avoir l’arme tout de suite, mais il accepte.
Dans la rue, remplie d’une foule arabe, Ali La Pointe emboîte le pas du policier, la femme sort le pistolet de son panier, le lui glisse.

Mais au lieu de tirer dans le dos, Ali La Pointe se précipite en face du policier, qui semble plus figé par l’incrédulité que par la peur (ils jouent tous merveilleusement bien dans ce film), et avant de tirer, Ali s’écrie à l’adresse de la foule « vous voyez, mes frères, il ne faut pas avoir peur, c’est nous les plus forts, les plus nombreux », et il tire.
Plusieurs fois.
Aucun coup ne part, la foule renverse le policier, le submerge, et Ali, furieux, rejoint la femme et s’enfuit avec elle.

Une fois chez elle, elle lui dit simplement, je te conduis à celui qui t’a confié la mission.
Le chef lui explique alors pourquoi il n’y avait pas de balles :
« Si je t’ai ordonné de ne pas tirer sur le cafetier, ne tire pas sur lui, c’est quand même un algérien, et si tu avais été un indic des français, tu aurais tué le cafetier-cafeteur. Mais tu n’aurais pas tiré sur le policier français. Et je t’avais dit de tirer dans le dos, pour que tu puisses fuir, couvert par la foule. Tu es des nôtres. Je vais te présenter un autre combattant, tu ne connaîtras que lui et moi. Moi, j’en connais un autre, qui me donne mes ordres, et personne d’autre. Si tu es arrêté, essaye de tenir 24 heures, après, tu dis tout. On sera loin« .
Plus tard, dans le film, le colonel Matthieu explique à la presse la nécessité d’obtenir des aveux rapidement, par tous les moyens, justement à cause de cette tactique.

Premiers attentats, premières ratonnades chez les pieds-noirs, contre les « crouilles ». De préférence des innocents, ceux qui viennent travailler dans la ville.
L’un des « ratons » assis sur un trottoir chez les pieds-noirs, se fait insulter des balcons, il prend peur, s’éloigne, puis commence à courir : un aveu, s’il court, c’est qu’il n’a pas la conscience tranquille. La police l’arrête. La peur et la surprise de chacun est très bien rendue dans ce film.

Peur et surprise : la Casbah, la honte d’Alger l’européenne, est entourée de sacs de sables, de points de contrôle. En France, on ne comprend pas. Un policier à Alger explique au téléphone, « ils ne peuvent être qu’une poignée de voyous, cela fait 130 ans qu’ils nous aiment, dans ce pays !« 
L’armée arrive en renfort, des appelés pas très expérimentés. Ils embarquent un pauvre vieux pas très reluisant, donc dégoutant aux yeux des bidasses, pas de passe : « j’li ai oublii, y retourne chi moi li cherché », allez, les flics, embarquez le !

Un autre bidasse commence a fouiller une femme toute de blanc vêtue et voilée. Elle se met dans une rage folle, hurle, un soldat intervient, explique au premier « tu ne sais pas qu’il ne faut pas toucher à leurs femmes ! »
Mais les attentats se poursuivent dans la ville européenne. Alors la haine et la panique augmentent, les contrôles sont plus hargneux, la Casbah devient une vraie prison, mais du même coup, elle est nettoyée de ses indics, pour le FLN .

Les enfants jouent un rôle important dans ce film. Une scène cruelle les montre s’acharner sur un vieil alcoolique qui essaye de monter un interminable escalier. Ils le chahutent jusqu’en haut, où il finit en rampant. Et la meute d’enfants se déchaînent, le font rouler sous les coups jusqu’en bas. Il ne se relève pas.

L’humiliation subie à tout instant aux points de passage, amène le FLN à une autre tactique. Des femmes dévoilent leur courage, se dévoilent, coupent leurs cheveux, se maquillent, sous les yeux horrifiés de leurs mères en pleurs. Ces jeunes filles sont presque inexpressives, déterminées, elles font penser à des robots que rien n’arrêtera.

Effectivement, ces jolies arabes « occidentales » passent sans problèmes les points de contrôles, sous les compliments des appelés dragueurs, contents de voir qu’il y a des femmes qui semblent préférer la civilisation, les pauvres, obligées de vivre dans la Casbah, on ne peux pas les tracasser, ces mignonnes, pour des sacs à main tout à fait féminin. Vous feriez cela à Paris ?
Donc, elles déposent leurs sacs à main, elles on toutes réglées leur montre, s’installent chacune dans un lieu de débauche où les civils dansent, insouciants. Elles s’en vont, tout le monde comprend, on n’arrête pas de les draguer.
Ce furent les dernières explosions dans l’Alger européen.

Maintenant, les français métropolitains commencent leurs ratonnades, à Paris.
D’autres se demandent pourquoi on envoie leurs enfants guerroyer deux ans pour ces pieds-noirs. Les bidasses écrivent à leurs familles. Racontent. Non, ce n’est pas un département français, c’est un peuple qui résiste à l’humiliation. Oui, on torture, comme la Gestapo.

Sous les applaudissements, arrive en fanfare le colonel Mathieu. Vive les paras ! Ils se sont battus en Indochine, et ce n’est pas la jungle, ici ! On va gagner, les mater.
Le colonel Matthieu briefe ses hommes : « Certains d’entre vous ont peut-être attrapé le ténia. »
A cet instant du film, je souris. J’ai eu le ténia en Algérie. Je maigrissais à vue d’œil. C’est donc un ver tenace ?
Pour résumer, il explique qu’il suffit de tuer la tête du FLN, comme pour tuer un ténia.
« Le chef connaît deux hommes, qui à leur tour en connaissent deux autres. C’était un peu la base de l’organisation des résistants, ainsi qu’en Indochine. Le tout compose un ensemble de pyramides. »

Mais c’est la grève générale. Perte de temps. Alger au point mort. La Casbah meurt de faim, malgré les provisions. Et le colonel poursuit et accélère les traques, fait parler les prisonniers.
Je vous passe les scènes violentes des descentes dans la Casbah. Les chefs du FLN sont tués, ne se rendent pas, sauf un, qui ne peux rien dire, de toute façon, il n’y a plus personne a dénoncer plus haut. Un autre, découvert, préfère se faire sauter, en même temps que les soldats qui l’ont cernés.

C’est donc bien vrai, mon père m’avait dit que techniquement, la guerre d’Algérie avait été gagnée par les paras. Alors pourquoi avoir accordé l’indépendance ?
On le comprend dans le film.
Après deux ans de calme, mais de méfiance et défiance, un jour, tous les algériens envahissent par milliers la ville d’en bas, une foule immense, brandissant des drapeaux algériens faits de chiffons, fabriqués avec n’importe quoi. On peut ratonner un groupe, on peut bloquer tous les accès de la Casbah, on ne peut plus mater ce qui est partout, unanime, la force d’une nation qui a eu trop d’humiliations.

Parce que le colonel a commis une seule erreur, sous les yeux réprobateurs du concert des nations : en abattant le FLN, dont il commençait à admirer le courage de leurs chefs, il a forgé avec des martyrs l’âme d’une nation, qui n’a plus besoin d’armes.

Il n’y a pas une seule allusion au général De Gaulle, dans ce film qui ne parle que de la bataille d’Alger en 1957.
Je rajouterai donc ce que j’ai entendu il y a quelques jours dans une interview télévisé de Pierre Messmer, ancien ministre de la Défense, au sujet de ses contacts avec De Gaulle à cette époque.

– mon général, il y a le problème des harkis, des pieds-noirs, ils sont trop nombreux pour rentrer. Nous avons gagné cette guerre. Je vous comprends, ne pourrait-on rester, essayer d’accorder l’autonomie, et conserver une autorité de protection ?
– Vous voulez que ça recommence ?

APRES :
Mars 1962 :
A part quelques S.A.S., qui refusent pour la première fois de désobéir aux ordres, l’armée française reçoit l’ordre d’embarquer en refoulant les harkis, pourtant français, et appartenant à l’armée. Même ceux qui réussissent à embarquer sont renvoyés en Algérie.
En été et automne 1962, 150 000 harkis seront atrocement massacrés, ainsi que leurs femmes et enfants.

C’est raconté là : http://www.chez.com/justiceharkis/MASSACRE.HTML

Le harki de Tébessa aurait du tuer sa femme et sa fille, au lieu de se tirer une balle dans le ventre.
Ma copine, qu’est-ce qu’ils t’ont fait, à toi et ta maman….

—–

A propos patrice2012henin

Running for French presidency on 2012. There is in each of us, something, that others do not have. Retired from petrochemical executive.
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