010 Voici ce que nous allons faire…

Ah ! Ce fameux lundi 9 octobre 2006 !

Mme Françoise Guyot, déléguée auprès du procureur de la République, m’a convoqué pour « classement sous condition ». Sibyllin.

Une fois de plus, ce n’est pas du français, mais du judiçiais.

Une langue qui se veut absconse, fumeuse, pour impressionner le quidam français, et voiler ses desseins aussi noirs que leurs robes d’avocats ou de magistrats, loin de tout sens de la justice innée en chaque être humain.

Déjà, Jean de la Fontaine savait : « Selon que vous serez puissant ou misérable, les jugements de cour vous rendront blanc ou noir. »
Mais il y a eu une révolution qui a frappé le monde, depuis.

Faut-il recommencer ?

Je me présente à midi pile à l’accueil, donne ma convocation, on me fait asseoir.
Apparaît un tailleur noir, donc de la corporation des justiciens, chemisier blanc tenant lieu de jabot blanc, rêve prémonitoire de prétoire, quelques dentelles, petite, nerveuse, maigre, 45 ans ?
Ma mère m’avait conseillé de venir en costume (!), j’étais donc aussi en noir, cravate noire sur chemise blanche, comme aux obsèques.

J’ai tout de suite compris que j’avais affaire à une magistrate recalée, échouée dans ce bureau de la Maison de justice et du droit, 15/17 rue du Buisson Saint-Louis dans le 10ème à Paris, après avoir raté magistralement ses études.

Parce qu’elle en garde les couleurs, par dépit : cheveux aussi noirs que l’emballage-tailleur, visage aussi blême que le chemisier rêve-de-jabot.

La déléguée auprès du procureur de la République me fait entrer dans son bureau, je m’assieds, elle reste debout, ne me parle pas. Je ne m’attendais pas à autant de déférence et respect.
Certainement, elle attend mon frère, venu de Floride spécialement pour la séance.

En attendant le glacial floridien, je commence à parler de ce qui me paraît le plus délirant dans les affirmations de mon frère aux policiers : je battais mon père quand j’étais adolescent, et lui le défendait à l’époque !

Je pensais à cette scène aux Champs-Elysées : mon frère L’Innommable semblait tellement convainquant devant son fils ! Il criait ses accusations, pendant que mon neveu le priait d’arrêter « stop it , dad ! Stop it. Stooôôôop… « .

J’essayais d’expliquer à cette médiatrice…

Mais où est-elle passée ? Elle n’arrêtait pas d’aller à l’accueil, revenait se tenir debout derrière son bureau, fixant de ses yeux noirs le vide de ce meuble.

…que mon frère avait peut-être fini par croire lui-même à ce qu’il vociférait : j’étais tellement violent avec mon père qu’il était obligé, du haut de ses 7-8 ou 9 ans de le défendre !

Vous savez, madame…

Je parlais soit à un mur blanc, soit à une silhouette noire sur fond blanc

…le subconscient a tendance à transformer les souvenirs peu élogieux envers soi-même en leur contraire…

Elle continuait à jouer l’ombre filante, énervée, absolument silencieuse, refusant le regard pour mieux ignorer mon discours avide d’attention.

…afin de sauver l’équilibre d’un esprit qui ignore…

Mur blanc, elle sort …

alors…

Silhouette noire, visage retors.

… le remords.

Elle revient soudainement radieuse, accompagnée de mon frère, muet, et de son avocat.
Tiens, c’est son vieil ami N. ! Je ne savais pas qu’il était devenu avocat.

Mon frère me l’avait présenté il y a pas mal d’années, en m’entraînant dans son sillage un après-midi.
Il m’avait présenté son ami N. qui tenait une boutique de vêtements, du côté de Versailles.

– achète lui un imper, tiens, profites-en. Prends le même que moi…

L’Innommable avait invité N. aux obsèques de papa. Je lui avait serré la main comme à une personne que l’on trouve sympathique, sans vraiment le connaître.

Plutôt surprenant de le voir arriver comme avocat du monstre. Tout le monde s’assied, même la déléguée, mon frère impavide, muet.
Tiens, il est tout boutonneux, et ce bide américain ! (tout est gigantesque, aux Etats-Unis).

N. devenu Me N. au milieu, entre lui et moi. Me N. commence par dire « vous savez, il y a 11 ans de différence entre les deux frères ! »

Je me demandais pourquoi il disais ça.
La déléguée devait être surprise de me voir paraître beaucoup plus jeune que mon frère cadet, aux paroles, mouvements et cheveux rares, l’air sérieux, inexpressif mais au bide éloquent, comparé à moi, qui en paraît 45 au lieu de 57, cheveux blonds, d’un naturel enjoué et fin.

J’ajoute « 9 et demi, pour être précis. »
Guyot me parle alors (enfin !) de mes violences contre mon père. Elle se lance dans un ridicule calcul pour savoir quel âge avait mon frère quand il me battait.

Tiens ! La version a changé.
Il n’était plus en train de défendre son père ? S’ensuis une sorte de calcul de l’âge du capitaine (mon père était capitaine, ça tombe bien) :

« quand mon père me battait, Innommable en profitait pour me décocher des coups de pieds. Mais ce n’était qu’un môme, vers les 7-9 ans. Pas grave. »

Cela devient : « il était trop jeune pour ça ! En quelle année ? Pourquoi vous l’accusez ? »

Je lui apprends que mon père, parachutiste, alcoolique à l’époque, me battait régulièrement, pendant des années. La DDAS avait failli me retirer de la famille. Et qu’aujourd’hui je n’aimais pas du tout évoquer cette époque, vu que j’aime mon père et lui ai pardonné depuis longtemps sa violence.
Je préfère même dire que mon père ne m’a jamais battu, c’était un alcoolique qui me battait, un autre, son cerveau reptilien qui fonctionnait, pas sa conscience.

« Vous savez, il a arrêté de boire en 1972, à l’âge de 48 ans, et de fumer aussi, et jamais il n’a rechuté !
Je ne lui en veux pas, je sais qu’il est devenu alcoolique à force de risquer sa vie au combat ».

Cela devient, dans la bouche de L’Innommable qui sort de son mutisme :

« il salit la mémoire de mon père. »

Je sors le seul document dont je dispose, le constat médico-légistes de mes coups et blessures :

– voilà les coups que j’ai fait constater, où sont les siens ?

Silence glacial, appuyé par un regard lourd de reproches de la déléguée, silencieuse.

Je répète :

– où est le constat de ce monsieur qui porte plainte pour coups et blessures ?
Il paraît, d’après ma mère, qu’il s’est fait opérer à New York dans une clinique de spécialistes, pour s’être démis une épaule après m’avoir asséné les coups de vélos !

Silence total.
Je raconte alors ma version des faits, son hurlement à l’oreille de ma mère, le coup sur la tempe pour faire voler mes lunettes, mon parapluie que j’interpose entre lui et moi, qu’il m’arrache des mains et détruit, puis sa garde de boxeur, mon réflexe de sortir et d’exhiber mon arme électrique d’auto-défense, en vente libre, le vélo qu’il attrape pour m’en asséner des coups. Cela devient, dit de l’air entendu d’une psychiatre-médiatrice, se tournant versL’Innommable :

« il paraît sincère, il est paranoïaque ! » sur le ton d’un « Eureka » !

Puis elle me lit le « témoignage » d’un voisin qui raconte que je poursuivais tout le monde en les menaçant d’un parapluie rouge, puis avec le Stun Gun, avant que mon frère ne se saisisse d’un vélo pour se protéger lui et sa mère !

En ajoutant très théâtrale : « On achète une arme, et on se conduit comme au Far West ! » avec la gestuelle d’une danseuse de saloon.

J’étais complètement estomaqué par le fait qu’ils avaient « trouvé » un témoin, si loquace et précis !

Mon frère sort une lettre de son attaché-case. Celle que je lui avait envoyée pour lui tendre un piège !

Il est tombé dans le panneau !
Je n’en attendait pas moins de sa bêtise, de son assurance totale d’avoir toujours raison avec les autorités, françaises ou américaines.
Aux Etats-Unis, il téléphone aux flics à chaque feu rouge, qui finissent par verdir de confusion.

« il a téléphoné à mon bureau, pour raconter des méchancetés sur moi. Et il me fait du chantage », en tendant la lettre .

J’ai effectivement téléphoné une seule fois à son bureau, j’ai oublié l’année, mais pas la date : c’était pour lui souhaiter la saint Innommable, et j’avais expliqué à la standardiste notre coutume en ce qui concerne les « christian names » :

– everybody has his day, you only kept St-Patrick’s day ! There is Innommable’s day, too ! » (30 septembre)

Génial, il met lui-même l’affaire de son chômage indûment touché en Floride sur le tapis !
Mais cela devient « Vous risquez 5 ans de prison pour chantage ! Vous avez déjà fait de la prison ? »

– non.

– de toute façon, je vais faire un rapport très très trèééèès sévère au procureur de la République.
Dit sur un ton implacable.
Puis, comme fatiguée de ma présence, elle me montre la porte et m’ordonne d’aller à l’accueil remplir un formulaire pour une demande d’aide juridictionnelle, tout en ajoutant « et cessez d’importuner votre frère, je vous interdit de connaître son adresse ! »

Tiens, un délire de plus, après tout ce que j’ai entendu dans cette séance de « médiation », rien à répondre, je sors. L’avocat-ami de L’Innommable n’a rien ajouté de toute la séance. En remplissant mon imprimé à l’accueil, je les vois sortir du bureau, et Guyot, très souriante, en se frottant les mains comme ceux qui préparent un sale coup, inclinée comme une servile domestique devant un puissant argentier, continue une phrase :

« …et voici ce que nous allons faire…« .

Elle ne se gêne même pas en affichant sa servilité de soubrette ! En parlant à voix haute, m’ignorant totalement.

Voilà donc l’explication de sa tenue noir-blanc : pas une fausse couche de magistrat, mais bien une soubrette à millionnaire (en $ seulement) !

Le formulaire me demande justement l’adresse de la victime. J’allais mettre mon adresse lorsque je me suis rappelé que les rôles avaient déjà été inversé par la police.
Alors, ironique, je revient vers le trio de compères ourdissant le « voilà ce que nous allons faire… », pour signaler que je suis bien obligé de connaître l’adresse de mon frère !

– vous n’avez pas à la connaître ! Et laissez votre mère tranquille !

Ah ! Je dois aussi laisser ma mère tranquille…

Très opportune, cette remarque. Effectivement, pour laisser mon frère la manipuler, il vaut mieux que je ne lui explique pas qu’il cherche à la dépouiller avant son départ au paradis…

Je rentre chez moi.

Plus tard, je raconte la séance à ma mère. Elle me dit que ma soeur Luxerette était venue à Paris, pour accompagner L’Innommable (juridiquement ?), et qu’elle avait sympathisé avec la femme de Me N. « ils sont vraiment sympas, je vais me faire des amis à Paris ! ».

Cela m’a fait mal. Ma soeur n’est plus ma petite sœurette.
Elle n’avait pas répondu à mes précédents courriels. Maintenant j’ais la réponse.
Depuis ce jour, je me sens dans un autre monde. Que la police se permette tout, c’est presque un fait constaté par beaucoup.
Mais la médiatrice ! Jamais je n’aurais crû ça ! Pas en France !

Surtout, ce qu’il y a d’effrayant, c’est leur certitude absolue d’arriver à leurs fins.
Un faux témoignage… Presque un luxe de crédibilité. Cela coûte combien, un faux… Une invitation en Floride ?
Pouvoir raconter à son conjoint « tu sais, aujourd’hui, j’ai sacrément rendu service à un millionnaire, un ami de Bouygues, le copain du ministre de l’intérieur… » , c’est déjà s’imaginer que l’on est quelqu’un d’important, proche du pouvoir dont on vous a accordé une parcelle.

Sarkozy n’était pas encore au pouvoir, seulement un ancien directeur général de Bouygues, dans ce bureau.

Apparemment, cela suffit pour réinventer la justice, pas celle du plus fort, mais du plus riche.
Le droit est donc sauf (1).

Maintenant, mon affaire privée devient une affaire publique, de corruption de la justice, en la personne de Mme Guyot, déléguée auprès du procureur de la République.

Naïf, niais que j’étais… Il en reste bien d’autre à découvrir, dans cette simple affaire d’altercation entre frangins pas du même milieu.
Ce qui est vraiment inquiétant, dans notre pays, 3 policiers, et maintenant une déléguée auprès du procureur, qui s’acharnent contre moi, pour plaire à Jerome le bouygueux (2) millionnaire. Cela fait quatre (plus un procureur pressenti comme complice).

Mais à suivre…

(1) le Droit a été instauré au cours des siècles pour remplacer la loi du plus fort.

(2) bouygueux : qui possède, tout et tous, au-dessus des lois, ou les faisant adapter, contraire de gueux. Avant de sortir, la déléguée me donne la photocopie de ma convocation. Elle se trompe, et me donne celle de Jerome.
J’y découvre des notes qui prouvent que la séance était préparée :

De 0 – Scans procès
Dernières nouvelles ! Ce détail est ajouté le 23 mai 2010 après une découverte de plus dans la toile. Madame Françoise Guyot est vice-procureure, chargée de mission au parquet de Paris en violences conjugales, en plus des violences fraternelles. Voici sa petite vidéo la présentant, malgré ses cheveux teints en blond, tout à fait reconnaissable :

« Mettez fin au cycle de la violence. Victimes ou témoins de violences conjugales, appelez le 3919 » !
Appellez, rappellez !

N.B. : la vidéo ci-dessus a été retirée du web, et comme cette personne à la moralité douteuse est surveillée par des êtres prudents, on m’a signalé son nouvel emplacement.
Malheureusement, avant de la voir, il vous faudra attendre 20 secondes de publicité avant d’admirer la pétulante redresseuse de torts familiaux :

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Suite : 0011 Rejet d’aide juridictionnelle
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A propos patrice2012henin

Running for French presidency on 2012. There is in each of us, something, that others do not have. Retired from petrochemical executive.
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