Argent et pouvoir

J’ai une très mauvaise nouvelle à vous apprendre : l’argent qui se trouve dans votre poche ou sur votre compte bancaire… ne vous appartient pas.
Pire, cet argent n’existe pas vraiment.

Après avoir démontré ces deux horreurs, on peut redistribuer les rôles.
j’utilise le mot « rôle » dans son sens comptable.

Je donne l’objectif de la démonstration avant d’expliquer :
cet argent ne vous appartient pas, mais vous avez carte blanche pour utiliser votre carte bleue.
Et l’argent est pour moi un objet virtuel, une commodité aussi tangible qu’une équation mathématique, sa gestion est à mettre dans les mains qui peuvent l’utiliser au mieux.

A mon avis, et c’est la conclusion visée, je pense que le système le plus libéral (économiquement) possible est à choisir pour les individus ou petits groupes familiaux ou autre (commerçants, artisans, etc.). Mais plus le chiffre d’affaire grossit, plus l’entité de gestionnaires doit être grande, jusqu’à l’étatisme le plus contrôlé pour les grands comptes.

Dans un même espace économique, qui devrait correspondre à une même communauté économiquement homogène (humm ! : Allemagne et Portugal dans le même bateau !), il faudrait faire coexister le libéralisme « sauvage » et prédateur (mais hyper-actif et créatif) pour les très petits comptes, jusqu’à l’étatisme pour gérer ces grands comptes qui se sont libérés des banques d’états en devenant multi-nationales.

Une graduation du profit comme moteur (individus, TPE…) jusqu’à l’étatisme (monnaie incluse), où le profit ne doit plus être le moteur, mais la nécessité d’assouvir les besoins (à « tous prix »).
Exemple : les services publics indispensables, sans notion de profit, à l’autre bout de cette chaine profit versus nécessité. Activité vs vie (liberté d’activités profitables  vs impératifs écologiques, sociaux).

Autre réalité à démontrer : il est impossible de créer de l’argent uniquement avec de l’argent, sans passer par le travail, même en y mettant du temps (time is not money), sinon il y duperie.

Si votre banquier vous affirme qu’il gagne de l’argent en prêtant de l’argent, par exemple, il se trompe ou vous ment.
A démontrer aussi.

Troisième remarque sur l’argent, parce que je suis très sensible aux méfaits de la corruption : l’argent sous sa forme fiduciaire est en voie de disparition, pour moi c’est un mieux, il faut accompagner ce phénomène pour lutter contre la corruption.
A la sortie d’un de ses meetings, M. Jacques Généreux m’avait répondu en me moquant : « vous croyez vraiment qu’ils utilisent des valises !« , je lui ai répondu « ils utilisent souvent des sacs marins« . Un truc qu’un directeur général de Bouygues Immobilier m’avait appris, en rigolant.

Je suis en train de réfléchir à tout ça, mais j’aimerais l’aide de ceux qui connaissent l’économie pour confirmer, infirmer, préciser ou enrichir ces intuitions.

Patrice Hénin

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Réponse à Patrice Hénin:
– Oui, cet argent est toujours une dette envers le système bancaire (et n’est QUE cela)
– Dire qu’il n’existe pas vraiment n’est pas exact: puisque nous l’acceptons en guise de paiement, il existe bien: la monnaie c’est de la confiance.

Il faut bien comprendre que:

a) le système bancaire privé crée la monnaie en portant à l’actif de son bilan une dette que l’emprunteur lui reconnait et qu’il devra rembourser. Simultanément il porte l’équivalent au compte de l’emprunteur. Cette nouvelle monnaie créée (monnaie BNP, monnaie SG, monnaie CA, etc) va circuler dans l’économie parce qu’elle est acceptée globalement par tous (sauf ceux qui veulent la monnaie « banque Centrale »)

b) Je ne vous suis pas sur  » je pense que le système le plus libéral (économiquement) possible est à choisir pour les individus ou petits groupes familiaux ou autre »: la création monétaire doit au contraire (c’est du moins la position que je défends) , être réservée à la collectivité nationale et souveraine (donc l’Etat et l’Etat seul)

c) en plus de la pure création monétaire (a) , le système bancaire mélange un rôle de « circulateur d’épargne de la monnaie qu’il a lui même créée ». : C’est le rôle d’intermédiation sur lequel bien évidemment il demande des commissions (intérêts) supplémentaires.
C’est une des raisons (éviter ce mélange) qui fait que je suis un défenseur du 100% monnaie ( http://tinyurl.com/36gzcst ) …et de la séparation physique des banques de dépôts des banques de prêts (attention, ce n’est pas le « Glass Steagall Act »).
d) Je vous rejoins sur les billets: pour ma part je propose que seules les pièces soient émises, avec un max de 10 euros: il faudra des camions au lieu de sacs marins 😉

Cordialement
AJH)
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Pour moi, l’argent n’appartient pas aux banques, il n’appartient à personne puisque c’est un calcul, une équation non pas mathématique, mais économique. Une méthode de valorisation des relations entre activités. Et rien d’autre.

Je m’explique. Si vous considérez que l’argent appartient à la banque, où donc le banquier a-t-il trouvé cet argent avant de l’inscrire à son bilan actif ? Dans ses coffres remplis par les apports des déposants, des épargnants ou par emprunt à d’autres banques.

Il n’en est donc pas le propriétaire, mais le gestionnaire.
D’ailleurs, je me souviens de mon passage comme guichetier à la BNP qui venait de se créer (1971) : on me parlait de comptabilité inversée, tout l’argent qui entre dans nos caisses, on le doit à nos clients.

Il rémunère ses épargnants pour ralentir le flux de sorties, prends des risques en jonglant avec les dépôts pour pouvoir prêter.
Ainsi, lorsqu’il inscrit 100€ prêtés à 10%, il inscrit 100€ au crédit de son emprunteur en espérant, supputant, priant en croisant les doigts, pour que l’activité fonctionne et que 110€ finissent par revenir.

Il a réellement créé (en différé) 10€ de par son travail, risques, talent de banquier (moins les rémunérations d’épargne, frais de gestion, fiscalité). Il les récupère d’ailleurs en tout premier.
Les 100€ prêtés aussi ne sont pas encore finalisés. Ils sont créés (en temps réel) par l’activité du client.
Même s’ils servent à lancer l’activité immédiatement, même si ces 100€ circulent en pleine confiance dans tout le circuit d’activités impliquées, cet argent est un catalyseur encore à l’état virtuel.

Il n’est réel que pour ceux qui ont déposé, épargné dans cette banque.
Si l’activité avorte, ce n’est pas le banquier qui est ruiné, mais bien eux. Le banquier, lui, a fait faillite, ne peut plus être gestionnaire.

Il a perdu tout crédit, pour pas un rond, en somme !

Sur ce dernier point, j’aimerais un avis.
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Réponse de A-J H.  Bonsoir Patrice

Non, je ne considère pas non plus que l’argent (attention à ce mot que je n’aime pas beaucoup car trop vague; parlons nous de monnaie scripturale ou fiduciaire?, mais je poursuis) appartienne au banquier.

Néanmoins quand vous écrivez  » où donc le banquier a-t-il trouvé cet argent avant de l’inscrire à son bilan actif ? » je veux préciser que ce n’est pas de l’argent que le banquier inscrit à son actif mais une créance.. et simultanément il inscrira cette fois de l’argent à son passif, sur le compte de l’emprunteur, lequel va pouvoir ainsi le faire circuler dans l’économie: l’argent, c’est une créance qui circule et cette créance est d’un certain coté « garantie » par le banquier d’abord, ensuite par la Banque Centrale (et donc in fine par la collectivité)

La rémunération du banquier (en ce qui concerne son activité de crédit, est effectivement l’intérêt. Mais la question que pose Allais, c’est celle de se demander si ce droit qui est le sien actuellement ne devrait pas plutôt être celui de la collectivité donc de la Banque Centrale uniquement…
La conséquence de cette réflexion étant évidemment le 100% monnaie où les intérêts de la création monétaire reviennent à la collectivité au lieu d’une « sphère privée ».

Détail: actuellement les dépôts sont garantis à 100000 € par compte, si une banque venait à faire faillite
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Ce livre est en librairie depuis le 19 février 2007 . Il a été totalement actualisé début 2010:
c’est donc maintenant la nouvelle version qui est disponible.
Vous pouvez le commander à votre libraire ou directement aux éditions Dangles

A propos patrice2012henin

Running for French presidency on 2012. There is in each of us, something, that others do not have. Retired from petrochemical executive.
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